David Boyer est né le 10 mai 1975 dans l’Ouest de la France. Après ses années de lycée en Mayenne, il fait ses études à l’école de photographie ICART-PHOTO à Paris. Son diplôme en poche, il travaille un temps dans des studios photo (Studio ELLE, Studio Daguerre, Studio Oasis) en tant qu’assistant, ensuite en tant que photographe indépendant dans les secteurs de la presse (Journal de l’Orne), de l’industriel (PSA Peugeot-Citroën, L’OREAL) et de la publicité (GREY, D’ARCY). Il essaie d’exposer régulièrement dans différentes villes comme Paris, Rennes, Laval, et notamment lors de l’Exposition d’Art de la ville d’Ernée (53) parrainée par le sculpteur Louis Derbré. En 1999, il entre dans une agence de presse spécialisée dans l’actualité et le people. Il prépare et retouche les images, gomme les défauts des visages, efface l’anonyme et redessine la star. Voilà un = bien étrange paradoxe, car les photographies de David Boyer sont à l’opposé même du pain médiatique dont se nourrissent les journaux de ce secteur. Sur ses photos, ni star ni midinette, ni strass ni paillette, mais terrils et champs, écorce et gravier, pylônes et usines désaffectées. L’absence humaine frappe le premier regard.

Vide et graphisme

En arrière plan, un ciel lourd présage d’un orage imminent. Puis un banc vide au milieu d’un champ. Personne ne s’est assis ici depuis longtemps. Le photographe appuie sur le déclencheur et scelle l’instant de l’attente.

Pylône et paysage

Lignes de fuite, d’horizon ou de chemin de fer, la ligne agit comme une ponctuation. Avec sa série de pylônes électriques, David Boyer joue sur les lignes et les angles pour mieux recomposer un paysage graphique et familier. Sur le bord d’un estuaire ou au cœur du bocage, ses pylônes entrent en conversation avec leur territoire. Le simple cadrage du photographe en donne une autre image et en révèle la beauté aussi simple qu’inattendue.

Mémoire et abandon

Des herbes folles recouvrent les rails. Le gravier ensevelit les traverses. Le lierre s’accroche aux murs de la gare. Plus aucun voyageur ne descend ici et aucun train n’y passe plus depuis des lustres. David Boyer photographie en noir et blanc une gare désaffectée, comme pour en porter le deuil et en garder la mémoire. Les derniers vestiges de la gare désertée ont depuis été rasés, nivelés, terrassés, transformés en parking sans que rien ne rappelle au promeneur le souvenir du lieu… Le travail du photographe s’apparente alors à un travail de mémoire. Laissées à l’abandon, les friches industrielles sont fixées sur pellicule, à l’image de ces mines désaffectées qui témoignent encore de tout un pan de l’histoire du Nord de la France. Les bâtiments abandonnés sont photographiés comme pourraient l’être des ruines contemporaines.

Nature et origine

Photographier la corrosion de la rouille n’est pas anodin. C’est montrer l’effet du temps sur la matière. Quand les ruines auront disparues, et avec elle toute trace humaine, la nature aura repris ses droits. Les rochers érodés de l’île de Brehat, l’écorce chevelue des arbres mayennais, l’océan infini et le ciel sans nuage, autant de photos qui exaltent une nature des origines. C’est peut-être là le dernier volet du travail de David Boyer : photographier la nature. Une nature vierge de toute empreinte humaine.

 

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