Nadia Gosselin
Québec

1970 -



La poète a voulu, pour son recueil de poésie en ligne, une interface qui soit simple et sobre afin d'offrir à l'internaute une navigation qui soit facile et rapide. Sans toutefois négliger l'aspect esthétique elle a choisi de ne pas illustrer chacun de ses poèmes puisqu' à la réflexion, dit-elle,

"(...)chaque poème m'a semblé être bien suffisant en lui-même pour mériter de régner seul sur sa page. Y joindre une image reviendrait en quelque sorte à proposer une interprétation du texte et ce piège m'apparut à éviter à tout prix. Comment, en effet, une image à l'origine totalement étrangère à mon poème, pourrait-elle s'y retrouver associée avec la prétention implicite d'en être le reflet ou à tout le moins une manière de prolongement ? L'image parle, en même temps que le poème, et ne livre pas toujours le même message que le texte ce qui donne lieu quelques fois à une cacophonie d'impressions dont le poème et le lecteur n'en sortent pas toujours gagnants. L'auteur non plus d'ailleurs… L'image en vint à m'apparaître comme une intruse, une imposture, une fausse piste".
Selon elle,  le plaisir de la lecture est fondamentalement celui de l'imaginaire déployé et elle estime que sa responsabilité d'auteur est celle de ne pas spolier son lecteur de cette précieuse liberté. En cette ère de publications littéraires sur l'Internet, elle croit qu'il est bon de retrouver le plaisir du texte, seul, autosuffisant, riche de lui-même, dépouillé de toutes fioritures multimédiatiques.  Ainsi elle a préféré s'en remettre au seul pouvoir évocateur des mots :
"N'est-ce pas, de toute manière, le motif originel de mon recueil ? Il devrait rester le seul et ne pas se laisser trop submerger par les agitations du multimédia jusqu'à en être dénaturé tout à fait, emporté par les vagues du tape-à-l'œil. Je ne jure que par la modestie du texte qui, seule, permet de révéler sa grandeur".
Bien sûr, certains protesteront qu'on ne devrait pas négliger le côté attrayant de toute publication sur l'Internet sous peine d'en voir affecter considérablement sa "compétitivité". Mais bon… en fait, elle affirme n'avoir rien à vendre:
"Je n'ai à offrir que quelques instants de contact avec vous-même, avec votre intériorité, avec ce que mes mots agitent en  vous.  Si les artistes avaient le sens du marketing ils ne seraient plus des artistes ; leurs esprits trop dirigés par le mercantilisme l'Art ne serait plus Art mais un vil produit de consommation construit sur le canevas du mauvais goût qu'on reconnaît tous à la masse populaire… L'Art, par définition, est original et forcément dissident…"
Elle avoue cependant que certaines images qu'elle avait dénichées étaient très jolies et qu'elle est presque au regret de ne pas nous les avoir présentées ! Mais il y a parfois, dans la vie (c'est comme dans tout …), de ces décisions qu'on doit prendre, qui vous tiraillent les idées ou vont même jusqu'à vous déchirer le cœur, mais qui vous obligent à trancher. C'est ce qu'on appelle, sans doute, un mal pour un bien. C'est un de ces moments stratégiques où vous devez définir ce qui importe le plus, pour vous, afin de donner un sens à vos actes. Vous devez alors parfois faire le sacrifice de quelque chose, qui vous plaisait bien, mais pas assez pour faire le contrepoids de vos convictions...  

Nadia Gosselin
http://www.nadiagosselin.com/
Courriel : courriel@nadiagosselin.com



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